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Les pêcheurs artisanaux réclament droits, reconnaissance et participation au COFI:FM 2026

mars 9, 2026

Groupe de travail CIP sur la pêche au COFI:FM 2026

Reykjavík, Islande | 22–27 février 2026

Le groupe de travail sur la pêche du Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (CIP) a participé à la deuxième session du Sous-comité sur la gestion des pêches (COFI:FM) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Reykjavík, en Islande. Une petite délégation du groupe de travail CIP sur la pêche, composée de Chief Gary (IITC), Margaret Nakato (WFF) et Lider Gongora (WFFP), s’est activement engagée afin de garantir que les voix des pêcheurs artisanaux, des travailleurs de la pêche, des collecteurs et des peuples autochtones soient entendues dans les discussions mondiales sur la gestion des pêches. Par notre participation, nous avons réitéré notre volonté de nous engager dans un dialogue politique et de construire conjointement des politiques publiques qui reconnaissent le rôle central des peuples des mangroves, des mers, des rivières, des eaux intérieures et des océans.

La deuxième session du COFI:FM se concentre sur les politiques de gestion des pêches, avec une attention particulière à la conservation et à l’utilisation durable des stocks halieutiques, à la gestion multispecies, à la capacité des flottes, à la gouvernance régionale des pêches et à la dimension sociale de la pêche. Pour nous, une gestion efficace des pêches ne peut exister sans garantir les droits fonciers coutumiers, reconnaître les systèmes de connaissances traditionnelles et autochtones, et promouvoir une participation informée et effective des pêcheurs à la gestion des pêches.

Tout au long des discussions plénières, nous avons souligné le lien intrinsèque que les peuples des mangroves, de la mer et de toutes les eaux entretiennent spirituellement, culturellement et économiquement avec leurs territoires et leurs ressources naturelles. Dans de nombreux pays, les pêcheurs artisanaux et les peuples autochtones sont confrontés à la dépossession, à l’accaparement de l’eau et des terres. Ceux-ci sont causés par l’expansion de l’aquaculture industrielle, le pétrole et le gaz, la conservation excluante, le tourisme à grande échelle et l’économie bleue. Restaurer et reconnaître les droits coutumiers et collectifs de tenure est la seule voie vers une gouvernance durable et une gestion des pêches a petite échelle.

Lire les declarations du CIP

Nous avons appelé à garantir la reconnaissance formelle des pêcheurs artisanaux, des travailleurs de la pêche, des collecteurs, des Peuples Autochtones et en particulier des femmes, dont le travail reste largement invisible, en tant que détenteurs de droits et acteurs politiques fondamentaux. Une participation effective et significative doit remplacer les consultations symboliques. La gouvernance des pêches doit évoluer vers l’intégration formelle des organisations de base — telles que les coopératives, les comités locaux et les associations de femmes — dans les cadres réglementaires et les processus décisionnels.

Les peuples pêcheurs sont des gardiens de l’environnement, des dépositaires des eaux intérieures et côtières et des terres adjacentes, avec des connaissances traditionnelles diverses, de l’expérience et de bonnes pratiques qui leur ont permis de nourrir leurs communautés, de maintenir des stocks halieutiques sains, de préserver la biodiversité locale et de maintenir des moyens de subsistance pendant des générations.

Le groupe de travail CIP sur la pêche a souligné qu’en 2014, les gouvernements ont pris un engagement envers la pêche artisanale en approuvant les Directives volontaires de la FAO pour assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté (Directives SSF). Leur mise en œuvre est essentielle pour nos vies et nos moyens de subsistance, et pour garantir le droit à l’alimentation et l’accès aux ressources.

En cohérence avec les délibérations du Sous-comité du COFI sur la gestion des pêches (COFI:FM) en 2024, qui ont réitéré le besoin urgent pour la FAO de soutenir la mise en œuvre des Directives SSF, le groupe de travail CIP sur la pêche a appelé tous les États membres à réaffirmer leur engagement envers le Cadre stratégique mondial pour soutenir la mise en œuvre des Directives SSF (SSF-GSF) comme mécanisme de collaboration au niveau mondial pour faire progresser la mise en œuvre des Directives SSF et garantir l’inclusion des pêcheurs artisanaux et des peuples autochtones dans les dialogues politiques.

Les pêcheurs artisanaux, les récoltants, les collecteurs, les transformateurs, les peuples autochtones, y compris les femmes et les jeunes, ne sont pas seulement des parties prenantes dans la gouvernance des pêches — ils sont des détenteurs de droits et des gardiens des eaux vivantes. Nous continuerons à résister et à lutter pour la souveraineté alimentaire afin de construire des sociétés justes et des systèmes alimentaires durables et résilients dans le monde entier.