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Les mouvements de pêcheurs et de Peuples autochtones clôturent le SSF Summit 2026 en vue du COFI37

Credits: FAO/Valerio Muscella

7 septembre 2026

Photo Credits: FAO/Valerio Muscella

Après trois jours de discussions, d’échanges et d’élaboration collective de stratégies, le troisième Sommet sur la pêche à petite échelle (SSF Summit 2026) s’est clôturé aujourd’hui au siège de la FAO à Rome. Le Sommet a réuni centaines de participants de toutes le régions du monde, notamment des petits pêcheurs, des travailleurs de la pêche, des femmes pêcheuses, des Peuples Autochtones, des ONG, des chercheurs et des représentants des gouvernements, afin de renforcer l’action collective et de faire progresser la mise en œuvre des Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche à petite échelle (Directives SSF).

Le Sommet s’est tenu immédiatement avant la 37e session du Comité des pêches de la FAO (COFI37), qui débute aujourd’hui. Le Comité réunit les gouvernements pour discuter des politiques mondiales en matière de pêche et d’aquaculture, la pêche à petite échelle figurant parmi les questions inscrites à son ordre du jour.

Pour les mouvements de pêcheurs, la transition du Sommet vers le COFI constitue un moment crucial. Les représentants réunis à Rome continueront de porter leurs expériences et leurs revendications dans les discussions, en faisant pression sur les gouvernements et la FAO pour passer des engagements internationaux à des actions concrètes aux niveaux national et local.

Mise en œuvre des Directives SSF

L’un des principaux axes du Sommet était la mise en œuvre des Directives SSF, adoptées par le COFI en 2014 à la suite d’une consultation mondiale, ascendante et sans précédent ayant impliqué plus de 4 000 pêcheurs, travailleurs de la pêche et autres acteurs de plus de 120 pays. Les Directives sont le fruit du travail de représentants de mouvements sociaux et constituent un outil permettant de réunir les droits humains et les droits collectifs des communautés de pêcheurs.

Cependant, plus d’une décennie après leur adoption, et malgré la création en 2016 d’un mécanisme de partenariat dédié, le Cadre stratégique mondial pour la pêche à petite échelle (SSF-GSF), les Directives restent largement inappliquées et les mouvements de pêcheurs continuent de faire face à un important fossé entre les engagements et leur mise en œuvre.

Les échanges d’expériences nationales et régionales ont mis en évidence les multiples menaces qui pèsent sur la survie de la pêche à petite échelle. Les projets extractifs dans le secteur du pétrole et du gaz, les grands projets d’infrastructure, le surtourisme, la pêche industrielle et l’aquaculture réduisent de plus en plus l’espace de vie des petits pêcheurs.

Pourtant, les communautés ripostent : les mouvements s’organisent, résistent et défendent leurs territoires et leurs moyens de subsistance, allant jusqu’à poursuivre en justice les gouvernements qui, malgré l’adoption des Directives, continuent de permettre que des violations se produisent.

Les mouvements de pêcheurs ont appelé la FAO à soutenir leur travail dans leurs pays respectifs et à accroître la pression sur les gouvernements, car les engagements pris au niveau international se traduisent rarement par des politiques nationales contraignantes. Le Brésil, la Tanzanie, le Venezuela et le Sénégal se sont engagés à faire progresser la mise en œuvre des Directives SSF : une avancée importante. Pourtant, en ce dernier jour, nous avons été indignés de voir le Directeur général de la FAO présenter honteusement l’aquaculture industrielle comme durable et comme l’avenir des systèmes alimentaires aquatiques, tout en critiquant la pêche à petite échelle comme étant sous-développée et non durable ; mais nous avons pu répondre et obtenir le soutien de membres de mouvements extérieurs au CIP, de gouvernements, de chercheurs et du monde universitaire, qui ont également présenté leurs propres déclarations en solidarité.

Revitaliser le SSF-GSF

Un autre résultat clé a été l’engagement à revitaliser le Cadre stratégique mondial pour la pêche à petite échelle (SSF-GSF), établi en 2016 pour soutenir la mise en œuvre des Directives SSF.

Malgré son potentiel, le cadre n’est jamais véritablement entré en fonction. C’est pourquoi les mouvements de pêcheurs à petite échelle se sont engagés à revitaliser et à élargir le mécanisme à travers ses principales composantes : le Groupe consultatif, les Groupes consultatifs régionaux, la Plateforme de partage des connaissances — un espace informel destiné à des acteurs tels que les ONG, le monde universitaire, les instituts de recherche et les organisations régionales pour soutenir les mouvements de pêcheurs — et, enfin, les Amis des Directives, les pays membres du Comité des pêches de la FAO (COFI) qui participent sur une base volontaire et fournissent des conseils et des orientations programmatiques.

Connaissances, genre et jeunesse

Le Sommet a également souligné la nécessité de repenser la manière dont les connaissances et la recherche sont produites. Les organisations de pêcheurs ont souligné qu’au sein des institutions universitaires, les priorités de recherche devraient être co-conçues avec les communautés de pêcheurs et que les résultats devraient être partagés et discutés avec elles avant leur publication.
Les femmes et les jeunes ont également été reconnus comme essentiels à l’avenir de la pêche à petite échelle, les participants appelant à leur participation significative, à leur leadership et à une plus grande visibilité au sein des organisations de pêcheurs et des processus d’élaboration des politiques.

Du Sommet sur la pêche à petite échelle au COFI37

Pour la première fois, le Sommet sur la pêche à petite échelle a également inclus une Session ministérielle, réunissant des représentants des gouvernements dans le cadre d’un dialogue direct avec les mouvements de pêcheurs à petite échelle. La session a souligné la reconnaissance politique croissante de la pêche à petite échelle et l’importance de renforcer le dialogue entre les gouvernements et les titulaires de droits. Mais la reconnaissance doit être suivie d’actions.

Alors que les gouvernements commencent leurs discussions au COFI37, le message du Sommet sur la pêche à petite échelle est clair : il est temps de passer de l’engagement à l’action. Les petits pêcheurs et les Peuples autochtones œuvrent en faveur du changement, et la reconnaissance de leurs revendications et de leur capacité d’action est essentielle pour parvenir à la souveraineté alimentaire.

 

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