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Faits marquants de la rencontre mondiale des pasteurs en Mongolie

27 août 2026

Par une journée pluvieuse de la mi-août, des pasteurs, des Peuples Autochtones pastoraux et des bergers du monde entier sont arrivés au parc national de Gorkhi-Terelj, près d’Oulan-Bator, en Mongolie. Ils avaient été convoqués par l’Alliance mondiale des peuples autochtones nomades et des éleveurs (WAMIP) pour participer à l’Assemblée mondiale des pasteurs (WPA) les 15 et 16 août, un processus visant à renforcer la convergence, fondé sur la solidarité et l’action politique commune. L’Assemblée s’est déroulée immédiatement après le Rassemblement mondial des pasteurs (GPG), co-organisé par le ministère mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, la FAO et l’Alliance mondiale pour les pâturages et les pasteurs (GA4RP).

La WPA du WAMIP s’est tenue à un moment charnière, l’année 2026 ayant été proclamée « Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux » par l’Assemblée générale des Nations unies en 2022. Les années internationales sont proclamées dans le but de sensibiliser le public à une question thématique spécifique « d’intérêt mondial », et d’encourager l’engagement et l’action des gouvernements, des milieux universitaires et de la société civile autour de cette question. Leur mise en œuvre est généralement facilitée par l’agence technique des Nations Unies concernée. Pour l’IYRP, il s’agissait de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Partout dans le monde, les pasteurs et les Peuples Autochtones sont confrontés à des pressions croissantes sur leurs territoires, leurs moyens de subsistance et leurs modes de vie. Parmi ces pressions figurent la dégradation des sols, l’appropriation des terres pastorales communales au profit de projets industriels et d’infrastructures, ainsi que les empiétements liés aux solutions climatiques « vertes », notamment les marchés du carbone, les énergies renouvelables, l’exploitation minière, le reboisement et les initiatives de restauration et de conservation. Tous ces processus contribuent à la violation continue de leurs droits collectifs à la terre et à la mobilité, notamment l’accès aux couloirs de transhumance et à la mobilité transfrontalière. Dans ce contexte, il est fondamental de renforcer l’action collective et la réponse politique de WAMIP.

Pendant deux jours, la WPA a discuté des enjeux qui affectent l’élevage pastoral dans le monde entier, réfléchi aux moyens de renforcer l’organisation de WAMIP au niveau globale et réaffirmé l’importance de positionner la lutte des éleveurs pastoraux comme un élément essentiel de l’agenda de la souveraineté alimentaire. De plus, l’Assemblée a servi d’espace de coordination de la position de WAMIP en vue de la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD), qui s’est ouverte à Oulan-Bator quelques jours seulement après l’Assemblée mondiale des pasteurs.

S’appuyant sur les discussions et les conclusions de la WPA, WAMIP a formulé les revendications suivantes afin de les porter à l’attention des Parties :

  • Reconnaître, respecter et protéger les droits collectifs des pasteurs et the Peuples Autochtones pastoraux. Mettre en œuvre les Directives volontaires sur le régime foncier (VGGT) par le biais de politiques publiques concrètes qui garantissent leurs droits à la terre et aux territoires, leur liberté de circulation, leur sécurité et leur mobilité. Ce n’est qu’en faisant respecter ces droits qu’une restauration réelle et durable pourra avoir lieu.
  • Reconnaître et respecter les territoires en tant que systèmes légitimes de gouvernance territoriale. Soutenir la reconnaissance officielle et la protection juridique du régime foncier conformément aux droits coutumiers, aux systèmes de gouvernance, au droit à l’autodétermination et au consentement libre, préalable et éclairé, en garantissant la participation et le leadership pleins et effectifs des pasteurs, et en particulier des femmes et des jeunes.
  • Garantir la participation effective et le rôle moteur des pasteurs et des Peuples Autochtones pastoraux, en particulier des femmes et des jeunes, dans tous les processus décisionnels liés à la restauration, à la conservation, à la gouvernance et à la gestion des pâturages. Les savoirs traditionnels et les systèmes de gouvernance des éleveurs doivent être reconnus et intégrés dans les activités de restauration et de conservation. Lorsque des zones protégées sont créées, les gouvernements doivent veiller à ce qu’elles soient conçues, régies et gérées par les pasteurs, dans le respect et la mise en œuvre des principes et des droits affirmés dans les Directives volontaires sur le régime foncier, la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans (UNDROP) et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP).
  • Recadrer la « neutralité en matière de dégradation des terres » (LDN) sous l’angle des droits des pasteurs et des Peuples Autochtones. À l’instar d’autres mécanismes de compensation, la LDN ne s’attaque pas nécessairement aux causes profondes de la dégradation des terres. Au contraire, elle peut permettre de compenser une dégradation accrue à un endroit par des mesures de restauration et de conservation menées ailleurs, facilitant ainsi l’expansion des activités industrielles et contribuant à l’empiétement sur les territoires des pasteurs. En revanche, WAMIP appelle à l’adoption d’une approche systémique de la dégradation des terres et de la santé des sols dans le cadre de la CNULCD, et préconise de lancer une évaluation participative et inclusive des préjudices causés par le cadre actuel de la LDN. Cette approche systémique doit respecter l’unité des systèmes pastoraux et des pâturages, qui va au-delà des indicateurs environnementaux pour inclure des critères sociaux, culturels, politiques et économiques visant le bien-être des pasteurs et de Peuples Autochtones

Certaines de ces revendications se retrouvent également dans l’« Appel à l’action des pasteurs du monde entier et des Peuples Autochtones », principal résultat du Rassemblement mondial des éleveurs. Cet Appel à l’action constitue une étape importante pour WAMIP, en fournissant un cadre d’action collective à l’échelle mondiale pour les mouvements des pasteurs du monde entier.

Lire l’appel à l’action

La Mongolie, forte d’un héritage nomade profond et comptant plus de 70 % de pâturages, a offert un contexte politique décisif pour placer les éleveurs et les pâturages sur la scène mondiale. La convergence de ces trois événements – l’Assemblée mondiale des pasteurs, le Rassemblement mondial des pasteurs et la COP17 de la CNULCD – a offert à WAMIP une occasion unique de renforcer sa position en tant que mouvement mondial de base représentant les voix et les luttes des pasteurs et des Peuples Autochtones pastoraux du monde entier.

À l’avenir, pour faire progresser une compréhension plus globale de la souveraineté alimentaire au sein du Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (CIP), il faudra que WAMIP fasse preuve de sa force collective et de son engagement politique, afin de garantir la pleine intégration des besoins et des revendications des pasteurs et des Peuples Autochtones pastoraux aux côtés de ceux des paysans et des pêcheurs.